Alors que mes yeux n’étaient pas encore habitués à la lumière, dans le flou lumineux, les yeux plissés, la première chose que je vis fût le canon de cette arme braquée sur moi. Je fais un pas en arrière, le mur me rappela que je ne pouvais pas reculer.
J’entendis alors dans mon oreillette : « Du calme, ce n’est qu’un dessin sur le mur ». Je clignais des yeux, et rangeait mon arme que j’avais sortit dans un geste presque réflexe. Je me trouvais dans une petite ruelle entre deux immeubles. A la vue des seringues par terre, cet endroit n’était pas des mieux fréquenté. Les murs de ciments couverts de graffitis étaient assez hauts pour empêcher le soleil d’inonder cet endroit. Les instructions reprirent : « Il faut monter ». « Il n’y a pas d’échelle… », chuchotais-je. « Il y a des trous dans le mur à environ 1.35 mètres sur la droite. En mettant une jambe sur chaque mur, tu pourras monter facilement. ». Je m’approchais de l’endroit et regardait, perplexe, les légers trous dans les murs. Monter là-dessus ? C’était du suicide.
J’étais encore en train de me demander comment me sortir de là, que la voix se fit de nouveau entendre : « Dépèche toi ! Monte ! Tu n’as pas le choix de toute façon. ». Hésitant, je calais mes pieds dans les creux, en me répétant inlassablement : « Si jamais je sors vivant de tout ça, je promets d’arrêter le piratage pendant au moins une semaine ». Je regardais le sol qui était bien à 10 mètres sous mes pieds. Plus qu’un mètre à parcourir avant d’arriver sur le toit. Mes jambes tremblaient, j’avais cette désagréable sensation que toute la force avait disparue de mes bras. « Ces sports extrêmes ne sont vraiment pas pour moi » pensais-je. Enfin, après plusieurs très longues minutes, j’arrivais au sommet. « Monte sur le toit à ta droite. Avance doucement, marche en direction de la cheminée et attrape la corde qui est devant ». Sans un mot, je m’approchais, cette corde ne présageait rien de bon.
« Maintenant, tu vas attacher la corde à l’autre cheminée du bâtiment, qui se trouve légèrement sur ta droite. Puis tu vas tenir fermement la corde pour descendre en rappel le long de la façade jusqu’à atteindre le premier balcon. ». « Tu veux vraiment que je me casse le cou ? » dis-je. « Tu peux y arriver, tu n’es pas le premier à faire ça. Mais ne t’inquiète pas, la motivation arrive. Va voir la ruelle d’où tu viens. ». Je m’approchais du bord, un bras en costume noir dépassait déjà du vasistas. « Il est passé par là, les traces sont fraiches, on va l’avoir ».
Je courus jusqu’à la cheminée pour y attacher la corde. Je faisais un tour à ma taille pour m’assurer de ne pas tomber, puis je commençais mon approche du bord du toit. La première chose que je vis fût un vide de près de 10 mètres arrivant sur le goudron. Je m’assieds sur le bord, je respirais pour me calmer. « Tu peux le faire » répétais-je inlassablement. Je regardais de nouveau le vide, environ trois mètres avant le premier balcon. C’est alors que le bord du toit a décidé de ne plus soutenir mon poids. La chute fût si brutale que je n’eu pas le temps de crier.
Mes mains se crispèrent sur la corde, je restais suspendu dans le vide. Lorsque je rouvris mes yeux, je vis le balcon sous mes pieds. Je lâchais la corde, qu’il est bon de retrouver le sol. « Bien, maintenant, entre par la fenêtre. L’appartement est vide. Tu vas prendre le sceau sur la table, la verser sur le balcon. Je m’exécutais, le liquide qu’il contenait était très visqueux. A peine avais-je commencé à le verser que la voix continua : « Après ça, tu vas allumer la mèche sur la rambarde gauche du balcon, cela va cisailler la rambarde et bloquer tes poursuivants. Le briquet est sur la table ». J’allumais la mèche, une flamme fulgurante tourna sans bruit autour de la rambarde qui se disloquât. Le bruit du métal sur le goudron fût moins discret, mais il était désormais impossible de me suivre. ». « Ne pense pas que ça va les arrêter, tu dois continuer. Tu viens de gagner 30 précieuses secondes. ». Tu dois descendre par les escaliers au plus vite.
Je me précipitais dans la cage d’escalier, la porte d’entrée de l’appartement n’était fermé qu’au verrou. Je descendais les marches quatre à quatre. « Rentre dans l’appartement au 1er étage, ne descend pas jusqu’en bas, la porte est ouverte. Ne fait pas de bruit et referme là derrière toi. Tu dois aller dans la salle de bain sur ta gauche. Ensuite; tu ne bouges pas, et tu attends mon signal. ». J’entrais sans bruit dans l’appartement, le son de la télévision couvrait mon entrée. Je passais dans la salle de bain, refermais la porte. Les secondes passèrent, plus lentes les unes que les autres. J’entendis sonner, puis des bruits de pas dans l’appartement. Le bruit de la porte qui s’ouvre, puis la voix d’une grand-mère : « Bonjour messieurs, que puis-je pour vous ? ». Une voix masculine répondu : Bonjour madame, nous sommes de la C.I.A., voici nos cartes. Ce bâtiment est mis en quarantaine. Un cas d’une maladie tropicale très rare contractée par un des locataires nous oblige à fermer tous les accès. Comme vous êtes la gardienne de cet immeuble, je vous demanderais le passe afin de pouvoir verrouiller les accès, et éventuellement ouvrir les appartements vides afin de vérifier que personne ne s’y trouve. ». « Oh ! c’est le locataire du 4e c’est ça ? Attendez, je vais vous chercher le passe. J’avais bien vu qu’il n’était pas bien depuis son retour de vacances. ».
« Ne restes pas là, tu dois ouvrir la fenêtre et sauter maintenant ! ». Je me réveillais de ma torpeur, ouvrait la fenêtre sans un bruit, et sautais dans la rue. « Maintenant, cours droit devant toi, je t’indiquerais quand tourner. Tu vas enfin pouvoir rentrer chez toi. » J’arrivais au bout de la rue, en même temps qu’une voiture de police sirène hurlante. « C’est pas bon ! » entendis-je dans l’oreillette.
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