T1m – avant (suite)

On 12 décembre 2008, in Des pamplemousses et des matrices, by vermi

J’ai senti mon pda vibrer, c’était un message L : encore 4 secondes, dépêche toi.

Je n’avais plus le temps de réfléchir, j’ai couru. La seule idée qui m’est passée par la tête était qu’un autre hacker était forcément moins dangereux que la police. A peine avais-je tourné le coin de la rue que le vibreur caractéristique m’indiquait l’arrivée d’un appel. L’écran affichait « Aucun appelant », ce qui ressemblait plutôt à la trace d’un hacker. Je décrochais sans réfléchir, persuadé que c’était L. L’oreillette bluetooth me transmis un son très étrange, qui n’avait rien d’une voix humaine : des séries de bips aléatoires.

J’écoutais le son presque envoutant en réfléchissant : Peut-être était-ce une erreur de transmission, ou alors un problème de codec. En me concentrant, j’ai commencé à entendre des bruits derrière les bips, des fréquences étranges, un peu comme le brouillard de la télévision. C’est alors que j’ai compris ce qu’était ce bruit et ces bips. Il s’agissait d’un virus ! Celui qui m’appelait entrait chaque seconde un peu plus loin dans mon PDA. Je coupais aussi la connexion, mais il était trop tard. Des lignes de commande défilaient sur mon téléphone, une fraction de seconde suffit pour que j’enlève la batterie. Trop de données étaient dans ce téléphone, plus le temps passait, plus les données cryptées devenaient vulnérables. La batterie était le dernier rempart pour stopper la progression du virus.

Je rageais, comment j’avais pus faire confiance à ce L ? Il était un parfait inconnu, j’aurais dû m’en douter. Il en connaissais trop sûr moi. Mais je n’étais pas au bout de mes surprises. Une voix se fit soudain entendre dans mon oreillette : « Tu es lent, ton oreillette est déjà équipée de mon programme de cryptographie. Tu n’aurais pas dû couper ton téléphone, j’avais juste lancé une reconfiguration de l’os afin qu’il se connecte à un serveur plus sécurisé. ». J’écoutais sans mot dire, encore sous le choc. Pouvait-on réellement pirater une oreillette bluetooth ? Et si oui, qui était assez doué pour cela ? Je n’avais rien vu de tel dans tout le monde underground que je fréquentais. « Prend à droite ici, le chemin sera plus rapide ! Et arrête de te poser des questions, suis mot pour mot ce que je vais te dire, je suis en train de faire en sorte qu’un jour tu puisses avoir des réponses ».

Je tournais à droite, ces enfilades de petites rues ne m’étaient pas familières et sans mon pda je n’avais plus de gps pour retrouver mon chemin. Je décidais néanmoins de le garder éteint, mes données personnelles étaient trop sensible pour que je risque quoi que se soit. Les instructions se suivaient, je mémorisais le chemin parcouru, au cas où. « Maintenant, tu dois faire très attention et ne plus faire de bruit. Ne parle pas, ne regarde pas ailleurs que droit devant toi. Tu dois marcher normalement, surtout ne pas courir. Mais avant toute chose, prend le pistolet qui se trouve dans la poubelle devant toi ». Je m’approchais sans mot dire de la poubelle, elle était vide. Je chuchotais : « elle est vide ». « Regardes bien ». Je regardais à nouveau dans la poubelle, il était là. Je commençais à réaliser l’ampleur de mon stress, comment avais-je pus ne pas le voir ? Il était posé bien en évidence. Je devais me calmer. Je saisis l’arme, c’était la première fois que j’en avais un dans mes mains. Le contact du métal froid sur mes mains, le poids de l’arme, tous mes sens s’éveillaient. « Je refuse de tuer, je ne suis pas un tueur ! » dise-je à voix basse. « Ce n’est qu’une précaution, si tout va bien, tu n’auras pas à t’en servir, mais tu dois le garder. Le cran de sécurité est sur le côté, enlève le et remet le. Il est chargé de deux balles en caoutchouc, les autres sont des balles blindées. Tu as deux coups avant que cela devienne dangereux ». Je m’exécutais. Après une légère pause, la voix se fît entendre de nouveau. « Maintenant, range le à ta ceinture, puis entre dans le bâtiment sur ta gauche. Dès que tu as passé la porte, tourne dans la première pièce à droite ».

Je passais la porte entrouverte, la bâtisse était complètement en ruine. Des trous dans les planchers ne laissaient rien présager de bon. J’entendais des voix chanter un peu plus loin. Sans bruit, je pénétrais dans la pièce immédiatement à droite. Je suivais les instructions sans dire un mot. Je montais à l’étage supérieur, le couloir en marchant sur le côté gauche, puis la pièce de droite, la trappe dans le mur. J’arrivais au sous-sol par un tuyau. « Maintenant, ouvre la porte derrière toi ». J’arrivais vers la porte, un cadenas la fermait. « Je ne peux pas » murmurais-je, « un cadenas la bloque ». Je regardais rapidement, mais rien. « Je ne vois rien qui puisse m’aider, la clé n’est pas là ». « Il y a un coupe boulon derrière le coffre à ta droite, prend le ». Je me précipitais, pour voir un coupe boulon flambant neuf juste derrière un vieux coffre en bois en triste état. « C’est toi qui l’a mis là ? Mais comment es-tu entré ? ». « Plus tard les questions ! Franchi cette porte ! ». Le cadenas ne résista pas longtemps, je pénétrais dans la pièce suivante ».

« Tu vois le vasistas devant toi ? C’est par là que tu dois sortir. ». Une fenêtre ridiculement petite se dressait devant moi. Sans attendre, j’empilais tout ce qui était à ma disposition pour l’atteindre, mon agilité naturelle ne fût pas de trop pour me permettre de me faufiler par cette petite ouverture. Alors que mes yeux n’étaient pas encore habitués à la lumière, dans le flou lumineux, les yeux plissés, la première chose que je vis fût le canon de cette arme braquée sur moi. Je fais un pas en arrière, le mur me rappela que je ne pouvais pas reculer.

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