T1m – avant

On 10 décembre 2008, in Des pamplemousses et des matrices, by vermi

M0n bl0g v01t 3nf1n l3 j0ur, al0rs plutôt qu3 d3 rac0nt3r d3s trucs qu3 v0us n3 p0urr13z pas c0mpr3ndr3 t0ut d3 su1t3, j3 va1s c0mm3nc3r par v0us rac0nt3r c0mm3nt j’3n su1s arr1vé là.

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Aujourd’hui est un jour un peu spécial, étant assez troublé par ce qui m’est arrivé, je décide de le mettre par écrit; j’espère ainsi être sûr que tout ceci est bien réel et que je ne suis pas en train de rêver.

Cela faisait des mois que je voyais les journées défiler comme des copier/coller, je commençais à perdre la notion du temps. Chaque jour identique au précédent. Pas de congés, et des week-end passés à détruire des protections, cela devenait presque un automatisme. Je commençais à penser que je pouvais être remplacé par un programme, mais ce que j’ai vécu aujourd’hui m’a redonné cette étincelle d’adrénaline qui me manquait tant.

La journée avait déjà mal commencée, mon réveil a eu un bug, il a sonné 15 minutes en avance. J’avais geeké toute la nuit sur la dernière version de mon CMS console afin d’intégrer un backoffice potable, ces 15 minutes de sommeil n’auraient pas été de refus. Evidemment, n’étant pas très bien réveillé, je ne me suis pas aperçus que l’heure affichée n’était pas bonne, je me suis préparé comme d’habitude. Tous les serveurs allaient bien, le firewall avait bloqué un nombre d’attaque assez conséquent, mais rien n’était passé. Je suis ensuite allé au boulot.

Dans le métro que j’ai trouvé plus vide qu’à l’habitude (je n’avais toujours pas remarqué mes 15 minutes d’avance), j’ai eu à supporter un gamin qui a chialé jusqu’à ce que j’arrive à ma station. C’est là que j’ai reçus ce mail étrange d’un certain L disant : Salut Tim, j’ai une mauvaise nouvelle pour toi, ils te suivent, ne fait pas de conneries tant qu’ils sont là.

Je me suis retourné et ce que j’ai vu n’était pas de très bonne augure : Deux hommes en costume noir, lunettes noires, ils me suivaient. Je n’ai pas perdu mon sang froid, en continuant à marcher je me suis remémoré les conseils que j’avais lus face à une situation comme celle-ci. « S’ils font ça, c’est qu’ils n’ont pas de preuve, sinon tu serais déjà en prison. Surtout, ne pas leur donner le moindre indice. Tu n’as rien fait, tu n’as rien fait ! ». Je suis arrivé au travail, ils ne sont pas rentrés dans le bâtiment. Dans le doute, j’ai promis à la fille de l’accueil de lui mettre une interface graphique très design si elle ne leur disait rien à mon sujet. Depuis le temps qu’elle me la réclame, j’ai pensé que ça devrait fonctionner. Je ne comprends d’ailleurs toujours pas pourquoi tout le monde veut une interface graphique alors que la ligne de commande est si pratique. Enfin, je suis arrivé à mon bureau. Je suis administrateur réseau pour une compagnie d’assurance.

J’ai passé le reste de la matinée à crypter les dossiers de mes serveurs, on est jamais trop prudent. J’ai ensuite installé Enlightment à la fille de l’accueil, qui en a été ravie.

J’ai passé une grande partie de l’après-midi à faire des recherches sur ce L, mais les résultats ne furent pas très probants. J’ai trouvé quelques exploits qu’il a documenté, certes d’un très bon niveau, mais rien qui puisse expliquer comment il a accès à toutes ces informations sur moi. J’ai ensuite passé la dernière heure de travail à passer en revue soigneusement tous les endroits où j’aurais pu laisser des informations sur moi. Je n’ai rien trouvé, j’ai toujours été très méticuleux sur ce sujet.

Quand je suis ressorti le soir pour rentrer chez moi, le stress du matin qui commençait à redescendre est remonté d’un coup quand j’ai vu les deux hommes qui me suivaient dans une voiture garée à quelques mètres de la sortie de mon travail. J’ai alors allumé mon GPS et cherché un autre itinéraire pour rentrer chez moi de façon détournée. J’ai été interrompu par un nouveau message de L. Cette fois-ci, le message était bien pire que le précédent : Ne prend pas ce chemin, il n’est pas viable, prend celui-ci. En fichier joint, l’itinéraire que je devais suivre. La perspective du trajet donné par L n’étant guère réjouissante,  je décidais subitement de faire une heure supplémentaire au bureau. En effet, le chemin qu’il me proposait m’obligeait pas passer par un bâtiment désaffecté, le genre d’endroit où l’on rencontre des personnes louches et cela n’était pas vraiment à mon goût.

C’est là que les choses ont commencées à devenir vraiment cauchemardesques. J’étais à peine entré dans mon bureau que toutes les consoles écrivaient à l’unisson : Ne fais pas demi tour, fais moi confiance, tu dois y aller maintenant et suivre ce trajet. Je te couvre, n’hésites pas, et ils ne t’auront pas – L. Je saisissais le clavier et tapait frénétiquement : Qui es-tu ? Comment sais-tu tout ça sur moi ? Où te caches-tu ? La réponse fut immédiate : Tu auras toutes les réponses quand tu seras chez toi, en sécurité. Tous les terminaux se coupèrent au même moment. Je commençais à faire demi-tour, en descendant dans l’ascenseur, je me posais inlassablement la même question : Est-ce que je dois faire confiance à cet inconnu alors que je sais que la police ne peu rien contre moi ? Il en sait tellement sur moi, c’est étrange, peut-être est-ce un psychopathe ? Je venais tout juste de franchir le seuil de la porte, je jetais un regard en direction de la voiture banalisée, elle était vide, je ne voyais plus les hommes qui me courraient après. J’ai senti mon pda vibrer, c’était un message L : encore 4 secondes, dépêche toi.

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