La première impression qui frappa David fût le mal de tête dont il souffrait. Alors qu’il ouvrait les yeux, il vit qu’il se trouvait dans une pièce peu éclairée, manifestement inconnue. Il sentait son corps engourdis, et sans ses lunettes tout n’était que grandes plages de couleurs au delà de 30 centimètres. Il ne pouvait presque pas bouger, non seulement parce qu’il n’arrivait pas à coordonner ses mouvements, mais également parce que des entraves lui bloquait les poignets et les chevilles. « Pffff. Super… » pensa-t’il avant de lancer un « Y a quelqu’un? ».
Un bruit de chaise se fît entendre, des pas vinrent vers lui, puis une voix masculine se fît entendre : » Bonjour, vous êtes enfin réveillé. Comment vous sentez-vous ? »
- « Je me sens jamais bien hors de mon lit. Si on discutait du moment ou vous me laissez rentrer chez moi? »
- « hum, je doute que vous vous souveniez de votre adresse »
Effectivement, David n’arrivait plus à se remémorer son adresse, ni même à quoi ressemblait son appartement. Il avait du mal. D’ailleurs, ses souvenirs étaient relativement fragmentaires, son dernier souvenir était son entretien d’embauche pour un poste au secrétariat de Sanofi Aventis. Même si les détails étaient flous, il avait le sentiment que l’entretient s’était bien passé et qu’il avait de bonnes chances de remporter le poste.
- « Ho… Ouais… Bon je me chercherai dans l’annuaire »
- « Je vais vous épargner tout ceci. Je vais d’abord pour rappeller pourquoi vous êtes ici. C’est vous qui êtes venu ici, de votre plein gré, voyez-vous, je suis spécialisé dans l’effacement de la mémoire. Je procède par chirurgie, en effectuant plusieurs entailles dans la zone de la mémoire à long terme, ce qui efface une grande partie des souvenirs, en laissant le plus souvent les souvenirs les plus anciens. Cette perte de souvenirs est définitive, c’est pourquoi vous avez préparé vous-même avant l’opération un document qui vous rappellera les informations que vous voulez conserver »
- « Ho… Cool… Beau boulot hein. Je peux le lire ? »
- « Il est possible que vous ayez du mal à mémoriser dans un premier temps, mais je vais vous l’apporter. Je vous conseille de mettre vos lunettes qui sont sur la table à votre droite, je pense que vous y verrez plus clair »
L’homme détacha les entraves avant de retourner à son bureau pour en rapporter une chemise cartonnée. « Pouvez vous me prêter un stylo? » demande David. « Biensûr » répondi l’homme en lui tendant un stylo bille sorti de sa poche. David ouvrit le dossier qui contenait un ensemble de feuilles manuscrites. Il appris en quelques secondes qu’il travaille depuis longtemps chez Sanofi Aventis, ainsi que l’adresse de son appartement, et beaucoup d’informations sur ses amis et ses connaissances. « J’ai des amis moi… Ben tiens » marmonna-t’il. Il écrivi une phrase aléatoire afin de vérifier que son écriture correspondait bien à l’écriture du dossier. Malgré le fait que ses mouvements étaient chaotiques, son écriture semblait bien correspondre.
- « Je vais vous laisser vous re-familiariser avec votre vie, je suis juste à côté, appelez moi si vous avez un problème »
- « Cool, faite donc ça »
Le rapport ne contenait aucune information expliquant les raisons de cette opération, de plus David remarqua qu’il manquait des pages, la numérotation ne se suivant pas pour toutes les pages.
- « Hé bonhomme, y a des trous dans mon gruyère »
- « Pardon ? »
- « Il manque des pages »
- « Personne n’a touché à ce dossier à part vous, je n’ai pas pour habitude de regarder les informations sur mes clients, moins j’en connais sur eux et mieux je me porte. Mais peut-être avez-vous laissé ces pages ailleurs, j’ai un client qui une fois, par manque de confiance, n’a laissé dans son dossier de réveil qu’une information qui lui a permis de retrouver le vrai dossier. C’est d’ailleurs ce client qui m’a conduit à utiliser des entraves »
- « Si tu le dis… Un dernier truc, votre petite opération là, ça veut dire que je peux revoir tous les films et séries de la création? Et lire tous les bouquins en étant sur de les découvrir? »
- « Tous, je ne sais pas, vous devez garder quelques souvenirs de votre enfance normalement, mais oui, si c’est pour cela que vous êtes venu »
- « Hé ben c’est la première bonne nouvelle de la journée. Je retrouve ou mes effets personnels? »
- « Dans la valise à gauche de votre lit, tout est là »
David se pencha pour apercevoir une valise noire posée sur le côté du lit. David pris le contenu de la mallette, puis une fois dans ses habits lança un : « Ok… Salut bozo, bonne chance pour la suite » avant de se dirriger vers la porte.
- « Très bien, je vous raccompagne jusqu’à la sortie, n’allez pas à la piscine et évitez les coups sur la tête pendant au moins une semaine, c’est un conseil gratuit. Ah oui, et inutile de revenir ici, vous ne m’y trouverez plus »
- « Comme si j’y comptais, tchao »
- « Bonne journée »
David pris un taxi et se rendis à son appartement. Sa première surprise fût l’emplacement, loin des quartiers pauvres, son appartement était situé dans les quartiers aisés, sans pour autant tomber dans les quartiers riches. Il possédait ainsi un appartement au 2ième étage dans un immeuble neuf, son appartement couvrait une façade complète et faisait environ 100 m². Enfin, quoi qu’il en soit, il gagnait bien sa vie pour quelqu’un travaillant au secrétariat de Sanofi Aventis.
David entra dans l’appartement découvrant un mobilier neuf et plutôt en accord avec le niveau de vie du quartier. Il faut tout de même lui reconnaitre un certain goût. Le boitier d’alarme sur le côté de la porte était désactivé. Il décida d’appeler Luc Viardot, qui semblait être d’après le rapport son meilleur ami. Il était maintenant 18 heures, il décida de l’appeler sur son portable.
- « Allo ? »
- « Salut c’est David »
- « David ! T’es déjà sorti ? Si tôt, je m’attendais plutôt à un appel du docteur. Tu vas bien ? »
- « Au poil tu t’en doutes. Dis, question conne, tu sais pourquoi j’ai été me faire creuser le cerveau à la cuiller? Et j’espère que ça n’implique pas la rencontre avec une équipe de rugby en rut »
- « Ben, le plus simple c’est que je passe chez toi, j’arrive tout de suite, je vais te raconter tout ça »
- « ok, a toute »
Après un petit encas pris devant la télé afin de faire passer le temps, la sonnette retentie. C’était Luc. David ouvrir la porte.
- « David ! Ca fait plaisir de te revoir, j’ai stressé tu sais. »
- « Faut pas faut pas, allez raconte »
- « T’as vraiment tout oublié alors ? Tu n’es plus dépressif ? C’est une bonne chose ! »
- « J’étais dépressif pourquoi? »
- « Tu ne te souvient vraiment pus de Caro ? C’était à cause d’elle tout ça, bon, je te refais la version courte :
tu la rencontres, tu en tombes amoureux, elle te trompes, tu la quittes et elle se suicide de chagrin, tu culpabilises. D’où cette opération, tu n’en pouvais plus sur la fin »
- « Hmmm… Ca m’a coûté combien cette plaisanterie? »
- « Une bonne partie de la coquette somme que tu t’es faite quand tu as gagné au loto, tu ne m’as pas donné le prix exact, mais pour que tu me dises ça, ça n’a pas été donné du tout. Je pense que c’est le genre 6 chiffres »
- « Ha j’ai gagné au loto! Ca explique deux trois trucs! Au fait je me suis écrit un petit post it mais il manque des pages, je te les aurais pas filées par hasard? »
- « Tu m’as juste donné un papier à te passer, c’est une lettre de Caro, tu m’as dit de te la donner au cas où tu me croirais pas »
- « Ho je te crois, mais jetons un oeil par curiosité »
Luc tendit à David une feuille de papier pliée en quatre, ondulée par l’humidité en ajoutant : « Tu as jeté les autres lettres, tu as dit que tu préférais oublier tout ça. Je te conseil de jeter cette lettre également, au cas où ça puisse te rappeler des souvenirs, il vaut mieux éviter ».
David jeta un bref coup d’oeil sur la lettre qui semblait avoir été écrite par une certaine Caro, le papier semblait avoir été trempé de larmes comme en témoignaient les tâches d’humidité.
« Ouais… Super » dit-il en jetant la lettre à la poubelle.
« On faisait quoi pour s’amuser? »



